Les pilotes IA se multiplient, les gains de productivité aussi. Mais une question reste souvent hors du radar des comités de direction : l’impact de l’IA sur les compétences de l’entreprise. Ce qu’on délègue à la machine aujourd’hui, qui saura encore le faire, le vérifier ou le transmettre dans trois ans ? Chez Schoolab, nous pensons que cette question se travaille maintenant, avec des outils de prospective, et pas une fois les effets constatés.
Pourquoi l’impact de l’IA sur les compétences se décide maintenant
La plupart des entreprises abordent l’IA par les usages : un assistant ici, un cas d’usage là, un gain de temps mesuré sur une tâche. C’est utile, mais c’est une vision outil. Ce qui change en profondeur, c’est la façon dont les collaborateurs apprennent, raisonnent et construisent leur expertise.
Un junior qui s’appuie sur l’IA pour rédiger une première analyse va plus vite. Il apprend peut-être aussi moins. Multiplié par des centaines de postes et quelques années, cet effet devient structurel : moins de personnes capables de juger la qualité d’un résultat, de repérer une erreur, de former les suivants.
Le calendrier compte. Dans beaucoup d’organisations, une génération d’experts part à la retraite au moment même où l’IA redistribue les tâches. Si rien n’est pensé, le savoir-faire tacite s’en va sans avoir été transmis, et les nouveaux arrivants n’ont plus les occasions d’apprendre « sur le tas » qu’avaient leurs aînés.
Impact de l’IA sur les compétences : trois angles morts observés sur le terrain
1. Le pilote qui ne devient jamais une organisation
Les expérimentations réussissent souvent à l’échelle d’une équipe motivée. Elles butent ensuite sur ce qui n’a pas été redessiné : les rôles, les circuits de validation, les critères d’évaluation, la répartition du travail entre humains et machines. Un usage individuel ne fait pas une transformation collective.
2. Le savoir tacite que personne n’a cartographié
On sait lister les tâches automatisables. On sait beaucoup moins nommer les gestes, les intuitions et les arbitrages qui font la valeur d’un expert. Or c’est précisément ce socle qui risque de s’éroder si l’on n’identifie pas, métier par métier, ce qui doit rester maîtrisé par les équipes.
3. La charge mentale déplacée vers les managers
L’IA retire des tâches répétitives, mais elle ajoute du contrôle, de la vérification et des arbitrages. Ce travail de supervision retombe souvent sur les managers intermédiaires, sans que leur rôle, leur temps ou leur formation aient été ajustés en conséquence.
Explorer les futurs du travail avant de les subir
Plutôt que de réagir aux effets de l’IA une fois installés, notre practice Design & Futurs propose aux équipes dirigeantes de les explorer en amont. L’objectif : rendre tangibles des futurs possibles pour décider aujourd’hui de ce qu’on veut préserver, transformer ou inventer.
Concrètement, cela passe par quelques outils éprouvés :
- Le design fiction : imaginer des objets, des fiches de poste ou des scènes de travail en 2030 pour provoquer le débat et faire émerger les angles morts.
- Les scénarios prospectifs : confronter plusieurs trajectoires d’adoption de l’IA et leurs conséquences sur les métiers clés.
- Les learning expeditions : aller voir comment d’autres organisations ont réorganisé le travail, et ce qu’elles ont appris en chemin.
- Les feuilles de route de transformation : traduire ces explorations en décisions, en priorités et en dispositifs de montée en compétences.
Cette démarche ne remplace pas le déploiement technique. Elle lui donne un cap face à l’impact de l’IA sur les compétences : savoir quelles compétences protéger, lesquelles développer, et comment organiser leur transmission.
Cinq questions sur l’impact de l’IA et les compétences de vos équipes
Avant le prochain arbitrage budgétaire sur l’IA, ces questions permettent de mesurer où vous en êtes :
- Pour nos trois métiers les plus critiques, savons-nous nommer les compétences qui doivent rester maîtrisées en interne ?
- Qui, dans l’organisation, sera capable dans cinq ans de contrôler la qualité de ce que produit l’IA ?
- Comment nos juniors apprendront-ils le métier si les tâches formatrices sont automatisées ?
- Avons-nous ajusté le rôle et le temps de nos managers à leur nouvelle mission de supervision ?
- Nos indicateurs de succès mesurent-ils seulement la productivité, ou aussi la solidité des compétences ?
Si plusieurs réponses restent floues, c’est le signe qu’il est temps de passer d’une logique d’usages à une logique de transformation.
Débattre de l’impact de l’IA sur les compétences le 5 novembre à Paris
Ces questions seront au cœur de la soirée organisée par G.A.C. Group, dont Schoolab fait partie, le 5 novembre 2026 de 18 h à 22 h à la Climate House (Paris 2e). Pensée pour les dirigeants et décideurs, elle propose de prendre du recul sur la transformation IA, entre éclairage prospectif, retours d’expérience et échanges entre pairs.
Un regard prospectif en ouverture
Autrice de plusieurs ouvrages sur l’évolution du travail, Laëtitia Vitaud ouvrira la soirée par une conférence. Son fil rouge rejoint directement notre propos : comment l’IA reconfigure notre rapport au savoir et à l’expertise, et ce que les organisations doivent continuer à apprendre et à transmettre.
Une table ronde animée par Schoolab
Alexandre Heully, qui porte notre practice Design & Futurs, animera ensuite une table ronde sur le passage à l’échelle de l’IA. Trois intervenantes y croiseront leurs points de vue :
- Charlène Geffroy, analyste futur du travail et innovation RH chez Tomorrow Theory, pour le LabRH : le rôle des RH face à la surcharge cognitive et aux nouvelles manières d’apprendre.
- Maureen Halbeher, directrice Transformation Clients d’AG2R LA MONDIALE : le retour d’expérience d’une entreprise engagée dans sa transformation IA, de la trajectoire choisie à ses effets sur l’organisation.
- Sabine Haman, Group Chief Human Resources & Communication Officer (ex-Rexel, ex-Safran) : la préparation des métiers de demain et la transmission des savoirs.
Pour nous, c’est l’occasion de confronter les angles morts décrits plus haut à des trajectoires réelles, du côté des RH comme des directions métiers.
Des projets concrets et du temps entre pairs
À 20 h, les porteurs de projets du concours WeImpact présenteront leurs initiatives. La soirée se poursuivra par un cocktail jusqu’à 22 h, pour échanger de façon informelle avec les intervenants et d’autres dirigeants confrontés aux mêmes choix.
Demandez votre invitation
Les places sont limitées. Remplissez le formulaire ci-dessous pour demander votre invitation à la soirée du 5 novembre.